
Selon Crédit Logement, la baisse a continué en juin avec un taux moyen de crédit immobilier de 2,01 %, toutes les banques n’ayant pas encore répercuté la hausse des taux longs.
La remontée à venir ne sera pas de nature à casser la dynamique du marché.
C’est une nouvelle baisse historique qui a cette fois tout d’un trompe l’oeil. Le taux moyen du crédit immobilier a ainsi poursuivi sa baisse en juin pour atteindre 2,01 %, contre 2,11 % en mars, selon Crédit Logement/CSA. Mais ce recul ne devrait être que ponctuel car il résulte en réalité d’un décalage : fin juin, les établissements bancaires n’avaient pas tous encore répercuté la hausse des taux longs, ni révisé leur barème. « La baisse générale des taux est terminée », . a assuré mardi Michel Mouillart, économiste, lors de la présentation mardi du tableau de bord trimestriel de l’observatoire Crédit Logement/CSA
Cela dit, la remontée du coût du crédit immobilier « sera plutôt molle », anticipe l’économiste. L’observatoire a imaginé trois scénarios. Dans le cas d’une sortie de crise, le taux moyen devrait remonter à 2,12% fin 2015 et à 2,23% au deuxième semestre 2016. Dans un scénario intermédiaire, fondé sur les anticipations de la Banque de France, le taux atteindra 2,36% fin décembre 2015 et 2,40% au second semestre 2016. Même dans le cas d’un durcissement de la crise, Michel Mouillart ne voit rien de « nature à casser le dynamisme du marché » puisque le coût moyen du crédit devrait s’établir à 2,36% à fin 2015 et 2,65% fin 2016.
Des conditions favorables aux primo-accédants
En attendant, les conditions de crédit restent favorables à l’accession à la propriété. En témoigne d’ailleurs la durée moyenne des prêts, stable autour de 210 mois depuis février.
La part de la production à plus de 25 ans s’est établie à 18,7% en juin 2015. « Ces niveaux permettent à de jeunes ménages de rentrer sur le marché de l’accession, sur des durées longues sans que cela ne les pénalise », décrypte Michel Mouillart. Si bien que la part des ménages dont les revenus sont modestes (inférieurs à 3 Smic) progresse pour atteindre 49,6% en 2014 contre 49,2% en 2013. Quant à la part des ménages aisés (plus de 4 Smic), elle a reculé passant de 32% en 2013 à 30,6% en 2014.
En parallèle, l’Observatoire rappelle avec satisfaction que le taux d’effort, c’est-à-dire le rapport entre le coût d’une opération et les revenus d’un ménage, continue de baisser. Il était de 27,4% en 2014 contre 28,8% en 2013 et même 32,1% en 2012.
Les conditions de crédits sont tellement bonnes, que les renégociations ont explosé. Au premier semestre 2015 elles représentaient 33,82% de la production garantie par Crédit Logement contre 21,78 % en 2014.